Changer les choses (Avec des bouquets de roses?)

Dernièrement on a vu « Demain ». Et hier soir « En quête de sens ». Dans « En quête de sens » ils parlent tous d’une nouvelle civilisation qui arriverait. Ils ont l’air d’y croire. Et ça à l’air sympa.

Le tout donne bien envie de changer. De revoir comment on consomme. De revoir un peu les priorités et ce qu’on peut souhaiter pour l’avenir. Rêver d’un vrai jardin, de pouvoir faire pousser nos légumes et fruits par la permaculture. D’avoir une vie plus simple mais tellement plus remplie de sens. Avoir des petits rêves comme ça qui rende l’avenir plus doux.

Et de l’autre côté y a l’actualité qui bouscule un peu. Le #MuslimBan. Air France qui convoque les passager et les embarque pas. KLM pareil. EgyptAir pareil apparemment. Le #PeneloppeGate qui te dégoute toujours un peu plus de la politique.
Et ça ça rend l’avenir beaucoup moins doux. Beaucoup moins rose. Voir la rapidité avec laquelle Trump installe ses choses. A peine président, à peine un décret, à peine des expulsions. Se dire qu’il est là pour 4 ans. Voir les élections approcher, pas forcément sereinement. Lire un article dans Paris Match (#Culture) sur le président des Philippines qui a décidé d’éliminer de façon un peu brutale tout les drogués.

Le monde donne pas trop envie d’être plein d’espérance. C’est pas évident.
Vous voulez pas changer le monde? Apporter des bouquets de roses dans cette actualité un peu tristounette?
Du coup qu’est ce qu’on attend? Et on commence par quoi?

 

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De la longueur de vos jupes dépend la pureté des garçons

J’ai cousu une petite jupe rose. Toute mignonne, bien rose, avec des fronces. Et une remarque sur Twitter, gentille, me dit qu’elle est trop longue. Et cette phrase me revient en tête.

« De la longueur de vos jupes dépend la pureté des garçons »

Je serai pas capable de la dater exactement, j’ai du l’entendre soit vers 15-16 ans dans un topo d’aumônerie, soit à une retraite quelconque, soit au Forum des Jeunes à Paray. Phrase dite par un prêtre. Un jeune prêtre, pas un vieux, non non, un tout jeune, tout frais, tout juste sorti du séminaire.
Lors d’un topo fait à la HE, lorsque j’étais cheftaine guide, le sermon a entre autre porté sur ce texte de Guy de Larigaudie. Et ce passage m’a un peu marqué.

« Elles ont une vertu de pureté dont le rayonnement nous est salutaire, à nous qui devons batailler sans cesse pour maintenir en nous cette même pureté.

Si elles savent se tenir à leur place ‑ et c’est d’elles uniquement que dépend, en leur présence, la tenue des garçons ‑ leur influence peut être profonde. »

Etoile au grand large, Guy de Larigaudie 1940

Deux fois, et surement plus mais j’en ai pas de souvenirs précis, deux fois des prêtres ont donné la responsabilité aux jeunes filles qui les écoutaient, des comportements masculins, de leurs pensées. C’est un discours que l’on retrouve partout, notamment chez certains prêtres du 78; blogueurs et connus. Mais ailleurs aussi, dans la société, des petites filles en centre aéré qui sont priées de pas se mettre en jupe, …
Il est assez rare de passer une semaine, que ce soit dans les transports parisiens ou sur un vélo en province, en été, en jupe, sans avoir un regard quelque peu lubrique, sans avoir une remarque carrément déplacé. Une attitude un peu dégueulasse, qui fait que je me sens souillée.

Et avec tous ces discours, y a des moments où je me sens responsable. Où je vais regretter d’avoir choisi de mettre une jupe. D’avoir voulu me plaire à moi, me sentir bien et féminine.

Et si les hommes prenaient un peu leur responsabilité? Si on arrêtait de nous demander de les materner en permanence?

Non je ne suis pas responsable des pensées des hommes que je croise. Ce qui fait la force de l’être humain, c’est aussi de résister aux pulsions.

Ce n’est pas aux filles de subir les faiblesses des hommes.

 

Une fois n’est pas coutume, je prends des résolutions en janvier

Pendant un moment j’avais décidé de ne pas prendre des résolutions en janvier. Mois des partiels, mois que l’on commence fatigué, mois souvent grisâtre. Je préfère attendre le printemps et ses bourgeons, son renouveau pour prendre des résolutions.

Mais changement climatique oblige, ou du moins hiver doux, les rosiers bourgeonnent et fleurissent dans le jardin, les hellébores aussi, donc voici mes résolutions de 2016, ou du moins mes envies pour l’année 2016.

  • 2016: année créative: Je souhaite que l’année 2016 soit une année pleine de projets créatifs. En tricot, en couture si j’arrive à m’y mettre, en boucles d’oreilles.
  • 2016: année de prise de risque: et ça rejoint l’année créative. Parce que vu mes talents en bricolage petite, je trouve ça amusant que les DIY, coutures et tricots me tentent autant. Me lancer dans des choses nouvelles. Éventuellement alimenter ce blog un peu plus aussi.
  • 2016 : année de découvertes: continuer à rencontrer des twittos IRL, surement voyager un peu. Partir m’installer ailleurs. Quitter la fac et découvrir autre chose. Et ça rejoint la prise de risque.
  • 2016: année de la Joie, de l’Amour et de la Vie: une année où je prendrais le temps aussi de me poser pour apprécier chaque jour la vie autour de moi. Ne pas restée fixée sur les éléments négatifs, mais apprendre à rayonner de plus en plus chaque jours. Donc me poser et m’éloigner de la négativité. Continuer les équipes Magis, éventuellement dresser un bilan régulier pour relire ce que je vis et rester dans une certaine cohérence – unité de vie.

 

Voilà. Une belle année 2016 à tous, j’espère qu’elle sera riche de créativité, de prises de risques, de découvertes, et surtout toujours plus de Joie, d’Amour et de Vie !

Mot n°16

Corine a lancé cette initiative de mots de l’Avent, voici ma participation sur son blog.

Mechtilde, c’est un visage tourné vers l’océan, des tresses et des fleurs en couronne. Des tasses de thé pour soutenir ses heures d’études et des tweets pleins de fraîcheur.
Merci Mechtilde pour tes mots. « Cuisiner » est depuis toujours sur ma liste de mots doux. Et dans ce temps d’Avent, la cuisine comme lieu de partages, de rires, et de vie, sûrement. :-)

CUISINE n.f.

Cuisine. Cuisiner.
Déjà la cuisine. C’est un lieu un peu central. Lieu où je fais mes pauses, lieu où je vais me servir une nouvelle tasse de thé. Lieu où je prépare le dîner en faisant réciter ses leçons à ma petite sœur. Lieu de retrouvailles à la fin de la journée. Chez nous, la cuisine c’est un lieu de vie, un lieu de famille. Décoré d’un mur de nos dessins d’enfant. Quelque chose de vivant et coloré.

Cuisiner, c’est suivre une recette, y apporter une ou deux petites idées, des fantaisies. C’est préparer quelque chose de sucré, juste pour plus de douceur. C’est mettre trois épices en plus pour changer un peu et surprendre.

Avant Noël, la cuisine est centrale.
En Allemagne, on fait des Weihnachtsplätzchen (sablés de Noël, petits rochers cocos, gâteaux à la vanille, …) en famille, que l’on partagera ensemble, que l’on partagera avec d’autres personnes.
Pas de Noël sans cuisine dans ma famille, pas d’Avent sans concocter des petits trucs sucrés.
Et tout le monde vient mettre la main à la pâte (c’est le cas de le dire).

Donc cuisine c’est un mot joli. Un mot qui évoque plein d’odeurs, de saveurs, de souvenirs.
Souvent un moment de joie, où l’on écoute de la musique, un moment seul mais tourné vers les autres ou partagé tous ensemble.

Un moment de Vie. Et ça, c’est un peu la magie de Noël.

Mechtilde

 

Source : Mot n°16

Même pas peur. Ou presque. – Amener toujours plus de Vie et d’Amour

« Même pas peur. »

Hier soir j’ai pris un verre avec des amis en terrasse, c’était notre « acte de résistance » à nous. C’est idiot, bien sur, par rapport à des vrais actes de résistances de personnes qui combattent vraiment. Mais ça nous a fait sourire et on s’est promis de le réaliser souvent. On s’est interrogés sur ce que ça voulait dire, de résister. On s’est dit que c’était surtout pour nous de ne pas nous soumettre à la peur.

Et en se quittant, rapide tour sur Twitter, pour voir les rumeurs de fusillades. Appeler aussitôt ces mêmes amis. J’ai donc cédé à la peur.

« Même pas peur, peut-être que aujourd’hui si. Mais demain, même pas peur »

Et en même temps, avoir un peu peur, c’est normal non? C’est notre humanité qui se manifeste, et heureusement qu’elle est là.

Depuis vendredi plusieurs phrases tournent dans ma tête. Je n’arrivais pas à dormir, du coup j’ai ressorti ce petit carnet rose de prières, de textes, de testaments, de témoignages. J’y ai relu le magnifique testament de Christian de Chergé.

Et cette citation de l’Abbé Pierre, déjà postée hier sur Twitter, mais ma nouvelle résolution de vie. Donc voilà, je la repartage.

« Il faut toujours garder les yeux grand ouverts, l’un sur la misère du monde pour la combattre, l’autre sur la beauté pour rendre grâce. »

Et avec cette résolution ce désir d’avancer vers toujours plus de Vie. Apporter toujours plus d’amour, de sourires, de joie autour de soi. On se retrousse les manches les amis. On continue à vivre, pas comme si de rien était, en ayant le droit d’avoir un peu peur. Mais gardons toujours un petit chant de louange dans nos coeurs pour toutes les choses merveilleuses que l’on vit. Ca peut-être le rire d’un enfant, ça peut être une feuille morte d’automne d’une jolie couleur, ça peut-être une question innocente qui nous fait rire. Mais pour chacun de ces instants de joie rendons grâce pour que la Terre devienne de plus en plus une grosse boule de Vie et d’Amour

Vieillir, c’est moche – pensées de vacances

Vieillir c’est moche.
Voilà, c’est dit. Vieillir c’est pas toujours drôle. Vieillir c’est lire la rubrique nécro du journal en cherchant les noms connus. Vieillir c’est être dépassé par le changement. C’est prendre le trottoir ou les rails du tramway au lieu de la route en voiture parce qu’ils ont réaménagé le centre de cette ville qu’on connait depuis 80 et quelques années. Vieillir c’est être dépassé par ses petites enfants qui font des choix qu’on ne comprend pas. Vieillir c’est parfois perdre son compagnon de vie. Perdre un enfant. Et parfois perdre un peu la tête. Vieillir parfois c’est attendre que la journée s’écoule. Ou vieillir c’est faire plein de projets, qu’on réalisera pas toujours. Vieillir c’est entendre parler de maladies qu’on ne connait pas vraiment, qu’on ne comprend pas. « Il a l’zazaeimer, enfin c’est ce que dit le médecin, mais je trouve que c’est vite dit ça hein, comme les AVC, c’est quelque chose qu’ils utilisent pour tout » (Alors, non, vois-tu, là en temps qu’étudiante en neuropsy, j’ai envie de t’expliquer, mais tu n’écouterais pas, donc bon). Vieillir c’est perdre des habitudes qu’on avait, c’est ne plus être coquette ou devenir gloutonne. Vieillir c’est changer ou alors c’est justement stagner et ne plus changer.

Bref. Vieillir parfois c’est moche. Et c’est pas toujours drôle pour les personnes autour.

T’es qui toi? Tu te prends pour Dieu pour me sourire comme ça?

T’es qui toi? Tu te prends pour Dieu pour me sourire comme ça? Parce que tu n’es pas Dieu. T’es une fille et moi je suis un garçon et on est tous humain.

Extrait d’une rencontre qui date un peu. Je devais avoir 15 ans. L’âge où l’on se sent grand, l’âge où je me sentais importante. Scolarisée dans un bon lycée, entourée de jeunes qui, comme moi, respiraient la suffisance. J’étais fière, snob, imbue de moi. Une belle ado de par chez moi quoi. Et j’étais catho. J’étais catho parce que j’appartenais à ce groupe de « cathos », tout en croyant quand même un peu. Mais j’étais surtout catho de façade. Bref. Donc cette rencontre, qui quelques années plus tard est encore bien présente. Pourtant elle a duré 5 min. 10 grand maximum. J’ai croisé un jeune trisomique. Et je lui ai souri, de ce sourire de façade, genre « Regardez moi, regardez comme je suis bien, regardez comme j’aime les autres ». Et cette réponse:

T’es qui toi? Tu te prends pour Dieu pour me sourire comme ça? Parce que tu n’es pas Dieu. T’es une fille et moi je suis un garçon et on est tous humain.

En y re pensant, quelques années plus tard, je me demande si cette remarque, qui m’avait vexée, n’a pas été l’électrochoc. La petite baffe qui te fait progresser. Je me suis rendue compte que souvent, dans mes rencontres, j’appréciais l’image que je donnais de moi. Une rencontre égoïste. Etre humble ce n’est pas toujours évident. Rencontrer l’autre pour ce qu’il est, ce n’est pas toujours évident. Il y a toujours quelque chose dans une rencontre qui nous touche intimement. Cette histoire de transfert, contre-transfert et autres jargons. J’essaie aujourd’hui de m’effacer dans la rencontre et de tenter de voir l’autre à travers un regard infiniment plus grand que mes pauvres yeux humains. Ca peut vous paraître présomptueux. Mais j’essaie de poser sur chacun des yeux remplis d’amour. Afin de ne pas me prendre pour Dieu sur terre dans la rencontre, mais de laisser Dieu agir en moi.